Crédit immobilier : la hausse des taux se poursuit mais reste encore indolore

COURBE TAUX IMMO

Les taux des crédits immobiliers ont atteint 1,51 % en mars en moyenne.
La hausse des prix commence à grignoter le pouvoir d’achat.

Pas de panique pour les candidats à l’achat d’un bien immobilier. La hausse des taux de crédit, enclenchée depuis la fin 2016, n’a rien de brutal. Selon le baromètre Crédit logement/CSA, les taux d’emprunt (hors coût des assurances, toutes durées confondues) ont progressé de deux petits points de base en mars (0,02 %) sur un mois, pour atteindre désormais 1,51 %. Depuis le point bas atteint en novembre dernier (1,31 %), la hausse est donc de 20 points de base.

L’explication de cette hausse reste inchangée : même si les banques se refinancent actuellement quasi gratuitement grâce aux dépôts des épargnants et aux liquidités de la BCE, les taux de crédit immobilier restent indirectement liés à ceux auxquels la France emprunte sur dix ans (OAT).

Or, fin 2016, ces derniers avaient progressé, et cette hausse avait été très partiellement répercutée par les banques. «  Habituellement, on constate un décalage d’environ trois mois entre la hausse des OAT et celle du crédit immobilier. Les légères tensions observées sur le crédit immobilier correspondent donc à des tensions sur les OAT à la fin 2016. De même, les OAT ont récemment diminué , ce qui pourrait se traduire dans trois mois dans le coût des emprunts immobiliers  », remarque l’économiste Michel Mouillart.

Le marché pourrait trouver ses limites en 2017

Comment cette hausse des taux se traduit-elle dans le portefeuille des ménages ? Pour l’heure, elle reste assez indolore pour plusieurs raisons. En premier lieu, si les taux de crédit montent de mois en mois, en rythme annuel, ils restent toujours largement orientés à la baisse.

Ensuite, les ménages n’ont pas connu de restriction dans la distribution de crédit, bien au contraire  : les taux ont augmenté dans la même proportion pour toutes les catégories d’emprunteurs (il n’y a donc pas eu, toutes choses égales par ailleurs, de prime aux « bons » emprunteurs), et si le coût global du crédit augmente logiquement (lire ci-dessus les calculs du courtier Vousfinancer.com), les durées de prêts s’allongent, ce qui est favorable aux ménages les plus modestes.

Le tableau n’est pourtant pas idyllique, et le marché immobilier pourrait trouver ses limites courant 2017. La raison ? Si le crédit reste raisonnable, le prix des logements commence lui à s’enflammer . Ainsi, malgré le crédit bon marché, certains emprunteurs ne peuvent pas suivre, et l’indicateur de solvabilité de Crédit Logement/CSA s’infléchit pour la première fois en deux ans.

Autre indicateur à observer à la loupe : entre 2011 et 2015, les revenus moyens des ménages et le coût moyen d’une acquisition ont évolué exactement à la même cadence. Désormais, les deux indicateurs s’écartent : les revenus progressent moins vite que le prix des logements.

Edouard Lederer, Les Echos

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