Immobilier : les prix baissent même à Saint-Tropez, Immobilier

SERIE D’ETE – La mecque du tourisme français doit aussi s’adapter au nouvel environnement de crise. Les cotes ne sont plus les mêmes qu’il y a cinq ans et nombre de transactions se concluent 10 % à 20 % en deçà des prix affichés.

On aurait pu penser que le village où Dieu créa la femme échapperait à la crise qui frappe les résidences secondaires : il n’en est rien. Premièrement, l’offre tropézienne est abondante. Du studio de 19 m2 à 155.000 euros à la somptueuse villa des Parcs de Saint-Tropez (quartier très recherché, en dehors de la ville) proposée 29 millions d’euros en passant par la maison de pêcheur dans la vieille ville à un peu plus de 3 millions d’euros : vu le nombre d’annonces qui fleurissent sur les sites immobiliers, les acheteurs n’ont que l’embarras du choix. Quant aux vendeurs, ils ont dû se faire une raison. S’ils veulent conclure la transaction, il faut s’aligner sur les prix du marché. « Nous avons récemment vendu une propriété proposée à l’origine 3,6 millions d’euros pour 3 millions, témoigne Philippe Boulet, de l’Agence Emile Garcin. A Ramatuelle, commune limitrophe de Saint-Tropez, où se situent toutes les célèbres plages de Pampelonne, une villa de 6 chambres agrémentée d’un terrain de 4.000 mètres carrés, proposée à la vente 6 millions d’euros est partie pour 5 millions. Elle est restée en vente un an et demi. Autre exemple significatif, une très belle maison a été mise en vente il y a trois ans un peu plus de 20 millions d’euros. Nous avons refusé de la prendre en portefeuille à l’époque, car ce prix était hors marché. Nous l’avons rentrée ensuite pour un prix de 15 millions et elle a été finalement négociée 14 millions d’euros ».

Une très belle maison avec accès privé à la mer, ce qui est très rare, affichée à 40 millions d’euros depuis deux ans cherche toujours preneur.

Les acheteurs disposent d’une importante marge de négociation que Philippe Boulet évalue de 10 % à 20 % des prix affichés. « Mais chez Emile Garcin, nous ne proposons pas de biens dont les prix seraient en décalage avec celui du marché. Certes, il existe toujours une marge de négociation, mais chez nous, celle-ci n’excède pas 10 % », explique toutefois Philippe Boulet.

« Le marché des villas entre 1,5 et 2,5 millions d’euros est assez dynamique, confie Peggy Bancquart de l’agence Guy Hocquet Saint Tropez. Nous avons trouvé un accord pour une villa de 1,7 million, sans vue mer, mais très bien placée dans un quartier prisé proche de la place des Lices. Par le passé, j’aurais eu beaucoup de mal à trouver un bien à moins de 2 millions ».

Prime à la qualité

Si les négociations sont importantes, les biens de qualité dont l’emplacement est exceptionnel et a fortiori avec vue mer ne sont pas bradés. Le quartier de La Ponche, situé dans le cœur historique de la ville, à la qualité architecturale totalement préservée et où certaines maisons offrent une vue mer, garde un gosse cote. « Le prix peut alors grimper jusqu’à 30.000 euros le mètre carré », affirme Peggy Bancquart qui a vendu récemment une maison de 120 mètres carrés avec une terrasse donnant directement sur la plage, pour 3,45 millions d’euros. Très recherchés aussi, les appartements assortis d’une de ces fameuses terrasses tropéziennes, terrasses couvertes, à l’abri des ardeurs du soleil. « J’ai beaucoup de demandes pour des appartements avec balcons dans la vieille ville, mais ils sont très rares », explique Peggy Bancquart.

Pour trouver plus facilement un balcon, il faut centrer ses recherches sur les résidences, plus récentes, mais qui présentent l’avantage d’offrir des parkings et parfois une piscine. Des résidences qui ont chacune leur cote en fonction de leur charme, de leur emplacement et de leur confort. Sur le dessus du panier, la résidence Clos Saint-Anne, très centrale, dont l’architecture s’intègre bien dans le paysage de la ville. L’agence Guy Hoquet vient d’y vendre un deux-pièces de 50 mètres carrés rénové au premier étage, avec terrasse et box, sans vue mer, pour 450.000 euros. Dans la classe en dessous, on trouve des résidences situées vers le Chemin des Amoureux ou vers la plage de la Bouillabaisse (à l’entrée de Saint-Tropez). Quand les vendeurs maintiennent des prix trop élevés, les transactions ne se font pas. « Dans ces résidences, les appartements affichés 10.000 euros le mètre carré ne trouvent pas preneur. Le vrai prix est autour de 8.000 euros le mètre carré », estime Peggy Bancquart. D’autres résidences sont encore moins chères. Les petits budgets qui rêvent d’une adresse à Saint-Tropez pourront trouver chaussure à leur pied, par exemple en s’éloignant un petit peu pour viser les résidences situées à l’entrée de la ville : Hollidays (7.000 euros du mètre en moyenne), les Patios (7.000 euros du mètre). Meilleur marché encore, la Résidence Saint-Antoine (de l’ordre 6.000 euros le mètre carré), pourtant très centrale (proche de l’Hôtel de Paris), mais dont l’architecture a vieilli et sans piscine ni ascenseur. Aussi très accessible, la résidence Les Tivas à l’entrée de la ville (à l’angle de la route des plages). L’endroit est plutôt bruyant. Une transaction s’est récemment conclue en rez-de-jardin à 6.000 euros le mètre carré.

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