CATHERINE SABBAH / JOURNALISTE | LE 11/03 À 11:01 Liquidités, bulle spéculative, production de bureaux, taux de vacance, niveaux des loyers… L’immobilier en cinq questions essentielles et des réponses. Des poches encore pleines ? Ils ont pour l’instant de l’argent à revendre. La levée de fonds a atteint des records en 2014. Traditionnellement entre 5 et 10 %, l’allocation en immobilier des grands fonds ou des compagnies d’assurances devrait encore augmenter. « Le monde entier cherche à placer son argent dans des zones politiquement et monétairement sûres. Dans les villes monde. Il n’y en a pas 50 et Paris en fait partie », analyse…

 » Nous assistons à un redémarrage du marché de la location mais sans dérapage inflationniste » , observe Michel Mouillart, auteur de l’étude Clameur*. A quoi cela tient-il ? A la transformation du discours public au cours des derniers mois et à l’amélioration du moral des ménages. Les ménages déménagent, l’économie immobilière se porte mieux même si le pouvoir d’achat des ménages reste en berne » . Bailleurs et locataires peuvent se réjouir. Les premiers parce que  » le marché locatif privé semble sortir de plusieurs années de récession, l’activité locative repart » . Les seconds, parce que les loyers sont orientés à la baisse : -0,9% depuis le début de l’année en glissement annuel. Si la demande est toujours inquiète, confrontée à la montée du chômage, elle reste soutenue par la pression démographique et les besoins de mobilité résidentielle.  » Les annonces du Premier Ministre et de la Ministre du Logement ont rassuré les offreurs, inquiets jusqu’alors de la mise en oeuvre d’un encadrement des généralisé des loyers et peu convaincus par les incitations fiscales à investir qui étaient proposées. Il n’en fallait pas plus pour que le marché se redresse, comme cela a d’ailleurs été le cas, dès la fin de l’été, des ventes des promoteurs aux investisseurs » , analyse Michel Mouillart.

L’activité du marché locatif privé se ressaisit

Le marché locatif privé s’est ressaisi durant l’été 2014, bénéficiant d’une demande plus pressante qu’auparavant et d’un changement sensible dans le discours des pouvoirs publics. Depuis le début de l’année 2015, la reprise se confirme. Normalement durant l’hiver,le marché se replie : depuis le début de 2015, la mobilité résidentielle ne fléchit pas, démentant le profil infra annuel de l’activité de Clameur observe depuis 1998. La mobilité s’accroît même pour s’établir maintenant à 28,9% et retrouver un niveau comparable à Plus

Un dispositif inédit d’aide au logement, destiné aux classes moyennes, sera présenté au prochain Conseil de Paris.

40 000 logements parisiens seraient actuellement vacants, estime la Ville de Paris. Une situation incompréhensible, au vu de la rareté de l’offre dans la capitale, qui s’explique toutefois par la peur de l’engagement exprimée par les propriétaires. La peur de s’engager dans un bail, avec toutes les contraintes qu’il implique forcément. L’objectif de Multiloc est donc de capter cette vacance en travaillant de manière approfondie avec tous les acteurs du secteur privé.

Concrètement le dispositif, en remettant sur le marché des logements vacants, permettra à ces classes moyennes de payer des loyers à un prix inférieur de 20% par rapport au niveau médian dans le quartier. Plus généralement, Multiloc s’adresse à un public de toute composition familiale, dont les revenus se situent sous les plafonds du logement intermédiaire (logements P.L.I) qu’il soit inscrit ou non comme demandeur de logement social.

Ian Brossat, adjoint de la maire de Paris en charge du logement et de l’hébergement d’urgence, détaille les différentes incitations et garanties offertes par Multiloc.  » 2000 € pour les propriétaires qui entreront dans le dispositif, une gestion locative professionnelle, la prise en charge du financement de la garantie contre les risques locatifs (impayés de loyer et charges locatives, dégradations et frais contentieux), un remboursement partiel des diagnostics techniques obligatoires dans le cadre d’une mise en location, et un soutien financier dans la réalisation de travaux de remise en état ou d’embellissement du logement jusqu’à 2500 €. »

Par ailleurs, une prime d’aide à la remise en état d’un montant de 7500 € maximum par logement, peut être versée au propriétaire à hauteur des frais engagés. Au total, le coût du dispositif pour la Ville sera compris entre 6000 et 14 000 € environ par Plus

La présentation ce matin des chiffres de l’Observatoire Clameur avait un certain goût de reprise.  » Tout change débute Michel Mouillard, auteur de l’observatoire. En effet, les chiffres affichent une nette reprise de l’activité locative, similaire à l’ensemble de l’activité immobilière depuis le début de l’année.

Même si les loyers continuent de reculer dans la plupart des grandes villes de France, cette baisse se fait aujourd’hui au ralenti. Début 2015, les loyers baissent de façon comparable à 2013 avec une diminution de 0,9% depuis le début de l’année alors qu’ils avaient augmenté de 1% sur toute l’année 2014. Une mauvaise nouvelle pour les propriétaires bailleurs qui voient de surcroit se profiler la loi sur l’encadrement des loyers, mais une bonne nouvelle pour l’économie immobilière.

En revanche, Clameur perçoit une reprise de l’activité générale avec une mobilité résidentielle à 28,9% en février 2015, soit un niveau comparable à celui observé avant la chute du marché en 2008. Seules quatre régions voient leur mobilité résidentielle diminuer en ce début d’année, il s’agit de l’Ile-de-France, Rhône-Alpes, PACA et la Lorraine. Les raisons de cette reprise proviennent, selon Michel Mouillard, de l’amélioration du moral des ménages, mais aussi et surtout des discours positifs des pouvoirs publics en matière de politique du Logement.

Au-delà des tendances à la reprise dans la plupart des régions, le risque d’une crise quantitative sévère de l’offre locative se renforce dans des villes où les déséquilibres des marchés sont déjà prononcés, du fait notamment de l’insuffisance de la construction constatée depuis de nombreuses années. À Paris, la mobilité résidentielle atteint un niveau encore jamais observé avec un taux à 16,7%.

 » C’est une situation de blocage du marché comparable à celle qui s’était observée durant les années du  » désengagement des propriétaires bailleurs », surtout si dans ces villes, paris et Lille Plus